Quand téléviseurs riment avec bonheur pour des patients hémodialysés

Marc Yves Sylvestre, en pleine séance d'hémodialyse, peut maintenant s'évader un peu pendant ses quatre heures et demie de traitement grâce aux téléviseurs installés à l'unité d'auto-hémodialyse du CHUM au 1001, rue Saint-Denis.

Une attention qui fait toute la différence!

Montréal, 22 décembre 2011 – Les patients hémodialysés à l’unité d’auto-hémodialyse du CHUM située au 1001, rue Saint-Denis ont vu leur demande des dernières années devenir réalité. Des téléviseurs à écrans plats câblés ont été installés depuis peu afin qu’ils puissent bénéficier d’un peu de divertissement, eux qui doivent s’astreindre à des séances d’hémodialyse de quatre à cinq heures, trois fois par semaine.

« Ça aide beaucoup. On ne compte plus les heures. Je pense que personne ne peut avoir un commentaire négatif là-dessus. On les voulait tellement ces télés! », a raconté Marc Yves Sylvestre avant d’éclater de son rire communicatif. Ce gaillard de 58 ans et père de trois enfants est hémodialysé trois fois par semaine pendant quatre heures et demie depuis maintenant deux ans.

« Grâce à la télévision, le temps passe assez vite. Je regarde beaucoup les émissions de voyage, de cuisine, ce qui me permet de m’évader. Il y a toujours quelque chose d’intéressant à écouter », a  expliqué celui qui doit faire preuve d’une grande imagination puisque les voyages lui sont pratiquement impossibles à cause des traitements.

Et pourtant, à le voir, on ne pourrait se douter qu’il souffre d’insuffisance rénale chronique et qu’il est en attente d’une greffe. Il travaille toujours comme préposé aux bénéficiaires à temps partiel à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal.

« Le travail, c’est ma thérapie, ça me fait du bien. De voir des gens aussi, j’aime ça. En fait, j’aime beaucoup parler. Et je ne me stresse pas du tout avec la vie. Je vis au jour le jour. Je ne fais pas de projets à long terme. Je crois que ma philosophie me permet de bien vivre », a-t-il ajouté.

Micheline Fournier et Lise Martin, elles aussi hémodialysées à l’unité d’auto-hémodialyse du CHUM à raison de trois heures et demie par séance, abondent dans le même sens que Marc Yves Sylvestre. Elles sont toutes deux d’accord pour dire que cela fait une grosse différence dans leurs séances de traitement quasi quotidiennes.

« Avant, j’apportais mon lecteur MP3 ou bien je lisais. Maintenant, je peux également écouter la télévision et me tenir informée », a confié Madame Martin, qui est hémodialysée depuis deux ans à cette unité. « Et moi, je peux continuer à suivre mes émissions », a ajouté Micheline Fournier.

Pour ces trois patients, le message est clair : l’argent que les gens donnent à la Fondation du CHUM permet des avancées concrètes. « Maintenant, nous aurions besoin de chaises électriques ajustables! », a tenu à dire Lise Martin avec un sourire en coin.

Au plus grand bénéfice des patients
Derrière ce projet qui fait toute la différence pour ces patients, Francine Forest, infirmière chef à l’unité d’hémodialyse du CHUM, le Dr Jean Éthier, néphrologue au Service de néphrologie du CHUM, la Fondation du CHUM et des fournisseurs comme Vidéotron et Hôpitel. « C’est un véritable travail d’équipe, chacun d’entre nous a eu un rôle à jouer pour sensibiliser les gens à notre cause et faire en sorte que ce projet se réalise », n’a pas manqué de mentionner Francine Forest. 

À son arrivée en poste, il y a trois ans, Francine Forest a tout de suite été attentive aux demandes des patients auto-hémodialysés qui trouvaient injustes de ne pas avoir le même avantage que ceux traités en hémodialyse à Notre-Dame et Saint-Luc.

« Je recevais des mémos et des plaintes de leur part. Je ne savais plus quoi leur répondre, je souhaitais qu’eux aussi aient droit à un peu de détente pendant leur traitement. J’ai donc commencé à en parler autour de moi, au Dr Éthier notamment. Et finalement, l’idée de se tourner vers la Fondation du CHUM a fait son chemin », a expliqué Francine Forest.

Cette dernière communique donc avec le directeur des opérations et de l’exploitation de la Fondation du CHUM, Hugo Rivard-Royer. Et tout de suite, celui-ci lui répond avec de bonnes nouvelles. « Monsieur Rivard-Royer a tout de suite été interpellé par mes demandes et on sentait que cela lui tenait très à cœur. Il a dit qu’il allait trouver un moyen de faire en sorte que le projet se concrétise rapidement », dit-elle.

Ensuite, c’est une véritable collaboration qui se tisse entre l’infirmière-chef de l’unité d’hémodialyse et la Fondation du CHUM qui ont tour à tour fait le pont entre le Dr Jean Éthier et les fournisseurs.

« Le Dr Éthier y tenait beaucoup à ce projet pour les patients. Quand on lui a demandé de soutenir la démarche entreprise, il n’a pas été difficile à convaincre, il a accepté tout de suite. En fait, je crois même qu’il avait déjà lui-même offert de participer financièrement à l’acquisition et à l’installation des télévisions et l’installation du câble nécessaire au projet», poursuit Francine Forest.

Mais ce n’est pas tout, comme l’installation du câble au 1001, rue Saint-Denis représente des frais assez significatifs, Francine Forest a donc l’idée de rédiger une lettre décrivant les conditions de vie des patients hémodialysés à l’intention de haut responsables chez Vidéotron.

« Plusieurs de ces patients viennent en hémodialyse après leur journée de travail et ils n’avaient même pas de quoi se divertir durant leur séance. Ces gens font aussi de nombreux sacrifices du côté de leur alimentation, ils doivent également restreindre leur consommation de liquide, prendre des médicaments tous les jours et s’astreindre aux séances d’hémodialyse, trois fois par semaine, jusqu’à la fin de leur vie, à moins qu’ils ne reçoivent une greffe », a précisé Francine Forest. 

La lettre a vraisemblablement touché sa cible puisque Vidéotron a réduit de près de 75 % le montant à débourser pour ce projet et a décidé d’assumer le reste des frais d’installation. En plus d’avoir participé à l’acquisition et l’installation des téléviseurs, la Fondation, qui peut compter sur le soutien constant et précieux de ses donateurs, se chargera des frais récurrents pour les cinq prochaines années. 

La collaboration de tous ces gens de cœur fait en sorte que depuis quelques mois, des téléviseurs câblés font le bonheur des patients de l’unité d’auto-hémodialyse. « Très autonomes, ces patients s’occupent du montage et de la surveillance de leur appareil de dialyse. La majorité d’entre eux se piquent eux-mêmes avec l’assistance des infirmières soignantes qui leurs sont très dévouées et attachées. Ils participent activement à leur soin et cela a un impact positif sur leur traitement et leur état de santé. Il était donc tout à fait normal d’entreprendre ces démarches afin de concrétiser ce beau projet pour améliorer leur qualité de vie en cours de traitement », a conclu Francine Forest.