Pour Manon Dodre, infirmière au CHUM, prendre soin d’une personne, c’est bien plus que prodiguer des soins. C’est aussi rendre sa vie meilleure. Lorsque le Mouvement Gratitude lui a permis de recevoir un message de reconnaissance d’une de ses patientes, elle a découvert à son tour toute la portée d’un simple merci.
Infirmière au CHUM, une vocation tournée vers les autres

Infirmière depuis près de dix ans, Manon Dodre a commencé sa carrière en France avant de la poursuivre au CHUM en 2025.
« J’ai toujours eu ce besoin d’être en contact avec les gens, d’avoir du relationnel tout en prenant soin d’eux »
Son parcours l’amène d’abord à travailler au 15e étage Nord, où elle fait la connaissance de Sarah. Elle découvre alors une réalité particulière des soins en transplantation : derrière chaque intervention médicale se trouve une personne qui doit apprivoiser une nouvelle réalité.
Après une greffe pulmonaire, le rétablissement peut être long. Les patientes et patients doivent composer avec une condition physique diminuée, des traitements complexes et de nombreuses nouvelles habitudes à intégrer. Pour Manon, le rôle infirmier consiste aussi à les soutenir dans ces moments de vulnérabilité.
« Je trouve que c’est important de toujours montrer qu’il y a de l’amélioration, même si la récupération est lente. »
Au-delà des soins, une présence humaine
Dans son travail auprès des personnes ayant reçu une greffe, Manon accorde une grande importance à l’enseignement. Comprendre ses médicaments, respecter les heures de prise, connaître les précautions à prendre : tout cela fait partie du quotidien après une transplantation.
Mais son accompagnement ne s’arrête pas aux consignes médicales.
Manon aime créer une relation de confiance avec les patients, les encourager et, lorsque le contexte s’y prête, ajouter une touche d’humour aux journées d’hospitalisation. Pour elle, cette dimension humaine fait pleinement partie des soins.
C’est aussi ce qui explique certains des souvenirs qui lui restent de ses années comme infirmière : des conversations, des rires, une complicité qui se crée avec une personne hospitalisée et ces petits moments où la relation dépasse, l’espace de quelques instants, le cadre strict des soins.

Un message inattendu de Sarah

Alors qu’elle est devenue infirmière de liaison sur un autre étage du CHUM, Manon reçoit un courriel lui annonçant qu’une personne souhaite la remercier.
Elle ne connaît alors pas le Mouvement Gratitude et ne sait pas encore qui se trouve derrière ce geste. Lorsqu’elle reçoit l’enveloppe contenant le message, le nom de Sarah la fait d’abord hésiter. Puis, les souvenirs reviennent.
« Sarah est anglophone, et moi, je ne parle pas si bien anglais, donc on en rigolait beaucoup. C’était une belle prise en charge, j’avais adoré prendre soin d’elle. »
Sarah, qui avait été hospitalisée au CHUM dans le cadre de sa greffe pulmonaire, avait notamment marqué Manon par les moments qui suivaient ses séances de physiothérapie. Essoufflée pendant sa réadaptation, elle avait besoin d’être rassurée et encouragée.
« J’étais très présente après ses séances de physio pour la rassurer », se souvient Manon. Quelques mois plus tard, ce sont ces moments qui reviennent à sa mémoire lorsqu’elle pense à Sarah.
Faire connaître la gratitude au CHUM

Pour Manon, recevoir cette reconnaissance a été une véritable surprise. Elle ne connaissait pas le Mouvement Gratitude avant d’être contactée par la Fondation du CHUM. Elle découvre alors une autre façon de prolonger la relation entre les personnes soignées et celles qui les accompagnent.
« Je ne fais pas mon travail pour avoir tout le temps cette reconnaissance. Je le fais parce que j’aime mon travail. Mais c’est vrai que ça m’a fait chaud au cœur, de me dire que j’ai apporté un petit plus au sein de l’hospitalisation de Sarah. Quand j’ai eu le courriel, je me souviens en avoir informé ma famille; je me sentais vraiment fière. »
Avant cette expérience, Manon connaissait peu le rôle de la Fondation du CHUM. Le Mouvement Gratitude lui a permis de mieux comprendre sa mission et, surtout, de mesurer la portée que peut avoir un geste de reconnaissance auprès des équipes.
« Ça apporte vraiment beaucoup de bienveillance », souligne-t-elle.
Le message de Sarah a rappelé à Manon que ces gestes peuvent laisser une empreinte bien au-delà du séjour à l’hôpital.
Le Mouvement Gratitude permet justement de faire circuler cette reconnaissance : d’une personne soignée vers une infirmière, un médecin, une professionnelle ou un professionnel du CHUM qui a marqué son parcours.
Et parfois, un merci suffit à rappeler à celles et à ceux qui soignent pourquoi leur travail compte autant.
