Photo d'Oneisha Perrotte-Lewis illustrant le deuil périnatal et le soutien aux familles endeuillées
06 octobre 2026

Le deuil périnatal a bouleversé la vie d’Oneisha Perrotte-Lewis lorsqu’elle a perdu son premier bébé pendant sa grossesse. Comme de nombreux futurs parents, elle s’attendait à vivre une grossesse normale et à rentrer à la maison avec son bébé. Elle n’aurait jamais imaginé devoir lui dire au revoir.

Pourtant, à seulement 25 ans, alors qu’elle était enceinte de son premier enfant en 2021, sa grossesse qui se déroulait jusque-là parfaitement a pris une tournure inattendue.

« Je pensais que tout allait bien »

Jaden, le fils d'Oneisha Perrotte-Lewis illustré

Le soir du 7 avril 2021, alors qu’elle était enceinte de 17 semaines, Oneisha a commencé à ressentir des douleurs. Elle ne savait pas encore qu’il s’agissait de contractions. Lorsqu’elle a constaté des saignements, elle a décidé de se rendre au CHUM pour obtenir un deuxième avis.

À son arrivée, elle a d’abord entendu le cœur de son bébé battre, plus fort que jamais. Tout semblait bien aller. Quelques heures plus tard, tout a changé. On lui a annoncé que son col de l’utérus s’était ouvert et que son bébé devrait naître.

« J’ai entendu le cœur de mon bébé battre, puis on m’a dit que j’allais le perdre. »

Elle n’était pas préparée à donner naissance. Encore moins à devoir dire au revoir à son enfant.

Le lendemain, le 8 avril 2021, Oneisha a donné naissance à son fils, Jaden, bien avant la date prévue de son accouchement.

Elle a choisi de le voir. Elle voulait rencontrer son bébé, même dans ces circonstances inimaginables.

« Voir mon bébé quitter ce monde avant même d’avoir eu la chance de vivre a été extrêmement difficile. »

Tout au long de cette épreuve, elle se souvient toutefois d’une équipe de soins attentive et profondément bienveillante. Le personnel du CHUM lui a donné le temps et l’espace nécessaires pour vivre son deuil et accompagner son bébé avec dignité et respect.

Transformer son deuil périnatal en soutien pour les autres

Après la mort de Jaden, Oneisha a rapidement ressenti le besoin de faire quelque chose pour les familles qui vivaient une expérience similaire.

Elle a fondé la Fondation Petit Haricot, un organisme qui vient en aide aux parents endeuillés. Le nom de l’organisme fait référence au surnom affectueux qu’elle avait donné à son propre bébé : son « petit haricot ».

Par l’entremise de son organisme, elle offre des boîtes réconfort au CHUM, organise des activités, des évènements et des initiatives de sensibilisation, et envoie des cartes à des parents partout dans le monde pour souligner l’anniversaire du décès de leur bébé ou simplement leur rappeler que quelqu’un pense à leur enfant. Elle est également devenue doula certifiée en accompagnement du deuil et a écrit des livres sur le deuil.

Pour Oneisha, aider les autres est devenu une façon de garder vivante la mémoire de son fils et de rester connectée à lui.

« C’est ainsi que je peux continuer à élever mon fils dans mon cœur tout en vivant mon deuil. En faisant ces choses en son honneur, j’ai l’impression de le garder en vie. »

En créant sa fondation, Oneisha a transformé son expérience personnelle en un soutien concret et significatif pour d’autres parents endeuillés. L’organisme rappelle aux parents que leur bébé occupe toujours une place dans leurs souvenirs et dans le cœur de leur communauté.

Oneisha aide les parents endeuillés à travers sa fondation

Une nouvelle grossesse, une réalité différente

Oneisha a pu connaître une deuxième grossesse heureuse

Cinq ans après avoir perdu son fils Jaden, Oneisha a vécu une nouvelle grossesse, marquée par un mélange profond d’amour, d’espoir et de peur de faire une fausse couche.

Lorsqu’ils ont appris qu’ils attendaient un autre garçon, ils ont ressenti un soulagement inattendu. Oneisha avait l’impression qu’elle et son partenaire avaient l’occasion de vivre certains des moments qu’elle n’avait jamais pu connaître avec Jaden.

Elle sait qu’elle aurait aimé une fille tout aussi profondément et que cette histoire aurait apporté son lot de bonheur. Mais le fait d’attendre un autre garçon était différent. C’était familier.

Cette fois, Oneisha savait qu’elle aurait besoin des soins de spécialistes en grossesse à risque. Dès le début de la grossesse, son col de l’utérus a été surveillé régulièrement.

Puis, à 19 semaines, les médecins ont constaté qu’il s’était davantage ouvert et ont dû pratiquer un cerclage d’urgence.

Il y a eu des séjours à l’hôpital, du repos au lit, de l’incertitude et de nombreux moments où ils ne savaient pas ce qui allait se passer.

« D’une façon ou d’une autre, on nous donnait encore une chance de traverser une autre journée, d’atteindre une autre étape et de continuer à nous battre pour le petit garçon que nous aimions déjà profondément. C’est de là que vient son nom. “Chance”, parce que cette grossesse nous a donné tellement de chances et, ultimement, la chance de le ramener à la maison. »

Elle vivait également une émotion difficile à mettre en mots : elle était heureuse d’attendre cet enfant tout en continuant à pleurer celui qu’elle avait perdu.

« Chance a apporté une joie incroyable dans nos vies. Il a apporté de nouveaux sourires, un nouvel amour, une nouvelle appréciation de la vie, de nouveaux souvenirs et un bonheur qui peut exister en même temps que le deuil que nous porterons toujours. Parce qu’aussi profondément que nous aimons Chance, Jaden nous manquera pour toujours. Nous nous demanderons toujours quels auraient été les premiers moments que nous aurions dû vivre avec notre premier enfant et ce que cela aurait été de voir nos deux garçons grandir ensemble. »

Briser l’isolement des parents endeuillés

Oneisha engagée pour les familles vivant des fausses couches

Pour de nombreuses familles, le deuil périnatal s’accompagne d’un sentiment d’isolement, particulièrement lorsque leur entourage ne sait pas comment aborder une expérience aussi difficile. Le parcours d’Oneisha souligne l’importance de reconnaître le deuil des parents et de créer des espaces où ils peuvent parler de leur expérience.

Son histoire parle aussi de ce qu’elle a choisi de faire de cette perte en créant un espace où des parents vivant une fausse couche au CHUM et ailleurs peuvent être entendus, soutenus et, surtout, se sentir moins seuls.

Vous souhaitez, vous aussi, partager votre parcours ou votre expérience au CHUM?