Marielle Julien et son neveu Gabriel Julien
27 octobre 2026

Le rétablissement après une psychose est un parcours marqué par la résilience. Au fil des années, sa tante, Marielle Julien, l’a vu traverser des épreuves bouleversantes, mais aussi retrouver l’espoir grâce au soutien de sa famille et aux soins spécialisés reçus au CHUM. Aujourd’hui, près d’une décennie après son dernier épisode psychotique, Gabriel mène une vie stable et engagée en santé mentale.

« Sans la famille et les bons soins, je ne sais pas où nous serions aujourd’hui. »


Une relation privilégiée

Bien avant l’apparition de la maladie, Gabriel occupait déjà une place particulière dans la vie de sa tante.

« Après sa mère, c’était souvent moi qu’il appelait pour me raconter ce qui se passait dans sa vie », raconte Marielle.

Comme plusieurs membres de la famille, elle a vu grandir un jeune homme débordant d’énergie, de projets et d’ambition. Mais derrière les succès et l’image publique se cachait également une grande vulnérabilité.

Le décès de sa mère a laissé une blessure profonde. Avec le recul, sa tante croit que ce deuil a marqué un tournant important dans son parcours personnel et en ce qui a trait à sa santé mentale.

Jeunesse Gabriel Julien avec sa tante Marielle Julien

Une famille mobilisée lors d’une psychose au Mexique

L’un des souvenirs les plus marquants demeure un épisode psychotique survenu alors que Gabriel se trouvait au Mexique.

Après avoir été admis dans une clinique psychiatrique privée, il se retrouvait seul, dans un pays étranger, incapable de revenir au Québec sans aide.

Lorsque la famille comprend l’ampleur de la situation, Marielle et son conjoint Jacques prennent l’avion sans hésiter.

À leur arrivée, le choc est immense.

Gabriel est hospitalisé, lourdement médicamenté et dans un état qui ne lui permet pas de voyager. Pendant plusieurs jours, le couple doit coordonner les assurances, les démarches consulaires, les frais médicaux et le transport sanitaire nécessaire à son retour.

« Quand on est arrivés là-bas, on a réalisé que la situation était beaucoup plus grave que ce qu’on imaginait », se souvient-elle.

Malgré la complexité des démarches, une priorité guide chacune de leurs décisions : ramener Gabriel à la maison et lui permettre d’obtenir les soins dont il a besoin.

Gabriel Julien, aujourd’hui engagé pour la santé mentale

Un diagnostic en santé mentale à venir pour Gabriel

Lorsque Marielle repense au parcours de son neveu Gabriel, un mot lui vient spontanément à l’esprit : résilience.

Au fil des années, elle a vu un jeune homme charismatique, talentueux et profondément aimé traverser des épreuves que peu de familles sont préparées à affronter. Des épisodes psychotiques, une hospitalisation à l’étranger, l’incertitude, la peur… mais aussi l’espoir, le soutien et, surtout, la possibilité du rétablissement.

Découvrez également le témoignage de Gabriel.

Un nouveau regard sur la maladie mentale

Cette expérience a également transformé le regard de Jacques sur la santé mentale. Comme plusieurs personnes, il connaissait peu la réalité des troubles psychotiques avant d’y être confronté directement.

« La maladie mentale est sournoise », explique-t-il.

Contrairement à une blessure physique, il n’est pas toujours évident de voir la souffrance vécue. Une personne peut sembler aller relativement bien, alors qu’elle traverse une détresse profonde ou perd progressivement contact avec la réalité.

Pour la famille, cette prise de conscience, accompagnée par le CHUM, a été déterminante. Elle a permis de mieux reconnaître certains signes d’alerte, mais aussi de comprendre l’importance d’intervenir rapidement lorsqu’une crise survient.

Le pouvoir du soutien familial

Famille de Gabriel Julien

De retour au Québec, Gabriel n’a jamais eu à traverser son rétablissement seul.

Sa tante décrit une famille élargie qui s’est mobilisée autour de lui dès les premiers moments. À l’hôpital, puis à la maison, les visites se succèdent. Chaque jour, quelqu’un est présent. Cet entourage solidaire devient un véritable filet de sécurité.

« Tous les jours, il y avait quelqu’un auprès de lui », raconte Marielle.

Pour elle, le soutien des proches constitue un élément incontournable du rétablissement. Après la perte de la mère de Gabriel, plusieurs membres de la famille ont naturellement pris davantage de place dans la vie de ce dernier, l’accompagnant dans les périodes plus difficiles comme dans les réussites.

L’importance des soins spécialisés

Si la famille a joué un rôle déterminant, Marielle insiste également sur l’impact majeur de l’équipe soignante.

Elle souligne particulièrement la contribution de la Dre Amal Abdel Baki et des professionnels de la Clinique JAP du CHUM, qui accompagnent les jeunes vivant un premier épisode psychotique.

Selon elle, au-delà du traitement médical, cette équipe a aidé Gabriel à retrouver confiance en lui et à se projeter de nouveau dans l’avenir.

« Elle lui a permis de se refaire confiance et de retrouver son estime de soi », affirme-t-elle en parlant de la Dre Amal Abdel Baki.

Aujourd’hui, Gabriel met lui-même son expérience au service des autres. Son parcours l’a amené à s’impliquer dans le domaine de la santé mentale et du soutien par les pairs, démontrant qu’un rétablissement durable est possible.

Grâce aux dons faits à la Fondation du CHUM, les équipes médicales et de recherche disposent des ressources nécessaires pour développer des approches adaptées en santé mentale.

Pour les familles, c’est l’assurance d’une prise en charge optimale pour un proche qui doit se frayer un chemin vers l’inconnu.