09 juillet 2026

Une soirée entre amis qui tourne au drame

En août 2020, la vie de Mélanie Lapointe bascule en quelques secondes lors d’une soirée entre amis dans un chalet. Ce qui devait être un moment rassembleur et rempli de souvenirs heureux se transforme en grave accident domestique.

Autour d’une fondue bourguignonne préparée en hommage à la mère d’une amie récemment décédée, l’huile prend soudainement feu. Dans la confusion et la panique, une série d’événements mène à un drame : le caquelon se renverse sur Mélanie alors qu’elle tente d’ouvrir la porte du chalet. L’huile brûlante se répand dans ses vêtements et atteint l’arrière de ses jambes, ses fesses et ses chevilles.

« Quand je suis tombée, j’ai hurlé. »

Réfugiée dans le lac voisin pour calmer les brûlures, Mélanie comprend rapidement la gravité de ses blessures.

« Je sentais ma peau flotter dans l’eau », se souvient-elle.

La majorité des brûlures sont de troisième degré. Certaines atteignent même les tendons.

Une prise en charge spécialisée au CHUM 

Après une première prise en charge dans un hôpital de région, Mélanie est transférée dès le lendemain à l’unité des soins intensifs et des grands brûlés du CHUM.

Pendant trois semaines, en pleine pandémie de COVID-19, elle reçoit des soins spécialisés intensifs. Ses enfants, alors âgés de 13 et 11 ans, ne peuvent venir la visiter. Seules trois personnes, toujours les mêmes, sont autorisées à lui tenir compagnie durant toute son hospitalisation.

Une semaine après son admission, Mélanie subit une greffe de peau. Des prélèvements sont effectués dans son dos et sur ses cuisses afin de traiter les zones les plus gravement atteintes. À cela s’ajoutent les soins quotidiens, les antibiotiques pour prévenir les infections, la gestion de la douleur ainsi que les premiers exercices de mobilisation pour l’aider à recommencer à marcher.

« Les premières semaines, j’étais assez positive. Mais à un moment donné, j’ai craqué », confie-t-elle. 

L’importance des petites attentions

Au-delà des traitements médicaux, Mélanie garde surtout en mémoire l’humanité des équipes du CHUM.

«  Ils sont extraordinaires, pleins de bonté. Ils veulent juste t’aider. » 

Elle raconte avec émotion les petites attentions qui ont marqué son séjour. Les infirmières et infirmiers qui la rassuraient lorsqu’elle s’inquiétait des odeurs causées par la guérison de ses plaies. Ce préposé qui prenait le temps de lui laver les cheveux dès qu’il trouvait quelques minutes dans son horaire. Ce jeune soignant qui avait apporté de l’huile essentielle pour l’aider à traverser les moments plus difficiles.

« Ce sont des petites choses qui font toute la différence. Ça aide de passer à travers un événement difficile. » 

Même dans les moments les plus éprouvants, Mélanie s’est sentie entourée et soutenue.

Un long parcours de réadaptation

Après son congé de l’hôpital, son parcours de réadaptation se poursuit pendant près de six mois. Physiothérapie, ergothérapie, changements de pansements, massages et traitements pour assouplir les tissus cicatriciels rythment alors son quotidien.

Des professionnels du CHUM, du CLSC et des centres de réadaptation l’accompagnent à chaque étape.

Malgré les épreuves, Mélanie souligne aussi la force de son entourage. Son conjoint a dû gérer seul le quotidien familial pendant son hospitalisation, tandis que ses proches se sont mobilisés pour offrir leur aide.

Reprendre sa vie, un pas à la fois

Aujourd’hui, près de six ans après l’accident, Mélanie a repris une vie active. Passionnée de CrossFit et de plein air, elle continue de bouger et de s’entraîner.

« Maintenant, je vis ma vie grâce aux bons soins que j’ai reçus. » 

Même si les cicatrices demeurent, elles ne définissent plus qui elle est.

« Dans ma tête, je ne suis plus une grande brûlée. » 

Pour Mélanie, son passage au CHUM restera à jamais associé à l’expertise médicale, mais surtout à une profonde humanité. Une présence bienveillante qui lui a permis, un jour à la fois, de retrouver sa liberté de mouvement… et de reprendre sa vie en main.

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